Continuer à comprendre et à (se) découvrir

Article paru dans le magazine LVS, mars 2013, p. 54-55, Par Laëtitia Sellam

La programmation d’ALEPH est une manne de connaissances et, chaque année, le public est au rendez-vous pour encourager Dr.Sonia Sarah Lipsyc, la fondatrice, à continuer sur cette voie. ALEPH sollicite des intervenants qui enseignent une dimension et une vision du judaïsme dans sa variété. Ils s’appuient sur la réalité du monde contemporain, en perpétuel mouvement, afin de réfléchir avec l’audience à l’interprétation des textes anciens et actuels. Dr. Sonia Sarah Lipsyc revient sur le succès des colloques internationaux du mois de novembre 2012 et annonce la programmation 2013.

LVS : Comment avez-vous vécu les colloques internationaux pendant le Festival Séfarad 2012 ? 

SSL : J’ai été ravie de la présence continue du public durant ces quatre journées du dimanche matin au mercredi soir. Un public attentif, vif et pluriel car dans la salle, il y avait des membres de notre communauté at large mais aussi d’autres personnes intéressées par ces interrogations sur le judaïsme contemporain puisque je le rappelle, les colloques portaient sur « Les Femmes et le judaïsme dans le monde contemporain » et « le Vivre ensemble entre laïques et monde religieux ». Ce qui conforte mon idée de choisir des sujets qui intéressent tous les publics et d’ouvrir les portes d’ALEPH à une audience diversifiée pour interagir ensemble sur des sujets à la fois religieux, spirituels et sociaux qui font partie de notre quotidien. J’espère que ces colloques feront l’objet prochainement de publications et, entre temps, grâce à un partenariat avec AKADEM, l’intégralité de ces tables rondes seront accessibles en vidéos sur leur site.

LVS : Quels sont les projets renouvelés et les nouvelles animations programmées en 2013? 

SSL : Les cours d’hébreu du mercredi soir, ont connu un réel succès, il nous importe dans notre vision pédagogique que le public de ALEPH soit autonome dans son étude. Les personnes qui ont suivi les cours d’initiation du Rabbin Mellul en niveau 1, ont pu participer à la session de niveau 2 cette année. L’objectif de ce dernier cours de langue est de perfectionner leur niveau de lecture et d’écriture ainsi que de bénéficier d’une approche plus approfondie de la langue hébraïque. De plus, entre avril et juin, un cycle de conférences aura pour sujet « Le sens symbolique des lettres hébraïques dans la tradition juive ». Il y aura aussi un atelier de calligraphie hébraïque.

Depuis février, ALEPH propose quatre autres cycles, les mardis ou mercredis soir :

« Le sens des prières juives » pour une initiation ou un approfondissement à cet univers : le sens du « Kaddich » (conférence de Jo Gabay), du « Chema Israël », le credo de la foi juive, en passant par les psaumes ou d’autres prières

« Le Talmud à la portée de toutes et tous » proposé par Daniel Glassman, chercheur- enseignant. Les études porteront cette année sur « La divergence d’opinions dans le Talmud » au travers de trois séances : « Être en minorité face à la majorité » « Étudier en contradiction avec l’autre » et « Que se passe-t-il d’une génération à l’autre ? ». Ces cours ne nécessitent de connaissance ni en hébreu ni en araméen (langue du Talmud) car tous les textes sont traduits en français pour susciter l’étude et le débat. Fidèle à la philosophie de ALEPH, cet atelier talmudique est ouvert à toutes et à tous et n’exige aucune érudition au préalable, juste le goût de partager des textes qui appartiennent à tout un chacun(e).

« Judaïsmes et questions de société », ce séminaire que j’aurai le plaisir d’animer sera la continuité des thèmes des colloques de novembre dernier sur des thématiques sociétales en Israël et en Diaspora comme les conversions, le divorce religieux, démocratie et judaïsme, l’implication du monde ultra orthodoxe dans la vie citoyenne (éducation, travail, armée) etc.. (voir à ce sujet notre site de ressources ou notre page facebook : Judaïsmes et Questions de société)

« À la découverte des penseurs et maîtres juifs séfarades » qui mettra l’accent, cette année, sur les Kabbalistes du monde séfarade en espérant pouvoir faire venir des intervenants internationaux pour enrichir notre programmation de connaissances nouvelles.

Nous aurons aussi le plaisir, en partenariat avec l’Institut d’Etudes Juives Québécoises de Concordia au sein duquel je suis devenue chercheure associée, de créer un salon littéraire qui mettra en valeur les créations séfarades et ashkénazes du monde juif montréalais d’autrefois et d’aujourd’hui. Nous poursuivrons, par ailleurs, notre café littéraire en collaboration avec le Centre Segal dans lequel nous recevrons des écrivains québécois de tout horizon avec une attention toute particulière sur les ouvrages touchant à la culture juive.

D’autre part, nous organiserons un autre cycle de conférences, en collaboration avec l’AIU (Alliance Israélite Universelle) Canada, qui s’intitulera « Judaïsme et droits de la personne » en collaboration, avec Gérard Rabinovitch qui dirige l’institut Lévinas à l’AIU France, sur la base de nos points communs, notamment celui qui met l’emphase sur l’apprentissage des connaissances juives en lien avec les savoirs de ce monde.

Pour finir, la pièce de théâtre « Sauver un être, sauver un monder » a continué à être applaudie devant une centaine de lycéens à chaque représentation et si les subventions sont au rendez-vous en 2013, nous pourrons renouveler l’expérience dans d’autres classes secondaires au Québec, tout au long de l’année.

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